Préconisations - Repères pour la formation I. Stratégie pédagogique 1.1 Une pédagogie de projet Il est à privilégier une pédagogie de projet qui crée un contexte favorable au développement de compétences associant nécessairement savoirs, savoir-faire et savoir-être. Cette démarche est bien adaptée aux activités de  la filière CIEL. Le projet doit permettre : L’apprentissage de la méthodologie de conduite de projet (travail en groupe, gestion du temps de travail, respect des délais, réalisation d’un cahier des charges, etc.), La mise en pratique des savoirs et savoir-faire (recherche documentaire, proposition de solutions, réalisation d’un rapport, etc.), L’apprentissage de l’autonomie, Le décloisonnement des disciplines. 1.2 Une approche par compétence Les compétences sont définies dans les référentiels de chaque diplôme. Chaque fiche compétence rappelle les principales activités professionnelles mobilisant la compétence, et précise les principales connaissances qui lui sont associées ainsi que les critères qui permettent de l’évaluer au travers des dimensions savoir, savoir-faire et savoir-être. Chaque compétence mobilise des connaissances. Pour chaque connaissance, un niveau taxonomique est indiqué́ permettant de préciser les limites de connaissances attendues. Les niveaux taxonomiques utilisent une échelle à quatre niveaux. Niveau 1 : Niveau d'information Niveau 2 : Niveau d'expression Niveau 3 : Niveau de la maîtrise d'outils Niveau 4 : Niveau de maîtrise méthodologique En aucun cas, l’acquisition de la connaissance disciplinaire requise ne doit être dissociée de la compétence et donc de l’activité professionnelle proposée. Il faut proscrire un enseignement descendant passif des savoirs électroniques. 1.3 Assurer la continuité et la progressivité de la formation du baccalauréat professionnel au BTS La progressivité de la formation se traduit par la complexité des tâches et des problématiques qui se posent à l’élève et non par le niveau taxonomique de la connaissance. En effet, tous les niveaux taxonomiques se retrouvent sur les différents diplômes. Il convient donc de se référer au niveau des difficultés portées par les activités professionnelles pour les discriminer par rapport aux différents diplômes. En outre, l’incident qui peut survenir dans le fonctionnement ou l’exploitation des réseaux est soit la conséquence du dysfonctionnement des éléments équipements et des logiciels, le fait d’une mauvaise prise en compte des règles de fonctionnement, soit effectivement l’effet d’une intrusion ou une attaque. 1.4 Finalité du projet Les pôles d’activités « exploitation et maintenance de réseaux informatiques » pour le BAC PRO et l’option Informatique et Réseaux du BTS, et « mise en œuvre de réseaux informatiques » pour l’option Électronique et Réseaux » s’inscrivent dans le cadre de « l’Usine du Futur ». Les réseaux du domaine tertiaire restent néanmoins dans le champ du bac professionnel CIEL. Les Technologies de l’Information et de la Communication, accessibles au milieu industriel, ouvrent la voie à l’usine connectée et numérique. Elles permettent notamment : une communication continue, instantanée et intégrée d’informations relatives aux processus de de production (conception, fabrication, logistique et maintenance) ainsi qu’aux produits fabriqués, la simulation du produit, du procédé, du poste de travail et même de l’usine, de la logistique et de la chaîne de fournisseurs, l’autodiagnostic et l’auto adaptation des procédés et des équipements de production et le contrôle en continu des produits. Les compétences développées dans la filière CIEL, s’appuient sur : l’Internet des objets qui permet de coupler de manière très simple les objets entre eux. Il permet également de coupler des objets aux capteurs et actionneurs qui permettent de les faire fonctionner, ou de compléter leurs fonctions de base par des services à valeur ajoutée supplémentaires. Enfin il permet de connecter toutes ces informations au Big Data sur le cloud, pour valoriser ces données au niveau global; l’internet mobile, l’ensemble des technologies destinées à accéder à Internet au-delà des stations de travail et des PC fixes et de les rendre accessibles au moyen de terminaux mobiles et de réseaux mobiles. Le déploiement de smartphones et de tablettes équipés d’écrans haute définition et d’accès aux réseaux mobiles 4G dans les usines facilite l’accès à l’Internet mobile, s’appuie sur des dispositifs favorisant les échanges d’informations (Puces RFID, tablettes tactiles) ; cette connectivité offre plus d’efficacité aux opérateurs et permet aussi de piloter la production à distance. La machine envoie des informations relatives au processus en cours, permettant de constituer des tableaux de bord, d’émettre des alertes… les capteurs, définis comme des systèmes intégrés comprenant le moyen de réaliser une mesure. Ils intègrent la détection, la transmission et l’analyse de l’information établie. Les capteurs ont pour vocation d’être intégrés dans des systèmes complexes. La connexion à Internet des capteurs implantés dans les objets du quotidien, les composants, les machines, les containers, les infrastructures et tout type d’actifs physiques, offre un énorme gisement de valeur économique. Des puces RFID doublées de GPS, de capteurs sont implantées dans la plupart des maillons des chaînes de production et d’approvisionnement, permettant d’améliorer la productivité des usines avec la maintenance prédictive et des fonctions additionnelles de supervision, d’améliorer la gestion des flux et de réduire la variabilité ainsi que les coûts liés à la gestion des stocks. II. Cybersécurité 2.1 Qu’est-ce que la cybersécurité ? Selon l’ANSSI, la cybersécurité, c’est : « L’état recherché pour un système d’information lui permettant de résister à des événements issus du cyberespace susceptibles de compromettre la disponibilité, l’intégrité ou la confidentialité des données stockées, traitées ou transmises et des services connexes que ces systèmes offrent ou qu’ils rendent accessibles. La cybersécurité fait appel à des techniques de sécurité des systèmes d’information et s’appuie sur la lutte contre la cybercriminalité et sur la mise en place d’une cyberdéfense ». Enjeu mondial, la cybersécurité est une question de souveraineté nationale portée par le plan France 2030. C’est dans ce contexte que la rénovation de la filière, sous l’initiative et la demande des filières « Industrie de sécurité » et « infrastructures du numériques » a pris en compte la cybersécurité dans la réflexion et les travaux du groupe de travail constitué à cet effet. 2.2 Quelles déclinaisons de la Cybersécurité dans les diplômes de la filière ? 2.2.1 Sensibiliser et former à l'hygiène informatique personnelle La cybersécurité fait appel à plusieurs couches de protection. La première, ce sont les utilisateurs des ressources. En effet, c’est fondamentalement des bonnes pratiques et de la vigilance qui se traduisent par le terme « d’hygiène informatique » personnelle. Cette hygiène est donc transversale aux différents diplômes qui composent la filière Cybersécurité et se traduit par des conseils au client tels que l’utilisation de mots de passe de complexité suffisante, la mise à jour des postes de travail, la sauvegarde régulière des données, la protection de la messagerie, le réflexe de ne pas ouvrir un message avec une pièce jointe douteuse, l’usage prohibé des terminaux mobiles tant qu’ils ne sont pas passés par une station de décontamination. 2.2.2 Protéger les réseaux informatiques et industriels Les diplômes de la filière sont architecturés autour de blocs de compétences qui sont relatifs : aux équipements et dispositifs électroniques permettant de construire les réseaux informatiques ou industriels, aux réseaux ou infrastructures qui permettent de « transporter » les données, aux données qui sont porteuses d’informations à caractère personnel ou issus de processus de production qu’ils soient industriels ou tertiaires. 2.2.3 Valoriser la donnée dans la filière CIEL  Valeur de la donnée La donnée est au centre des préoccupations des entreprises. La donnée a une valeur intrinsèque. C’est cette valeur qu'essaie de capter toute entreprise en collectant toutes sortes de données issues du client, des processus de production, d’approvisionnement ou de livraison, ou de nombreux autres domaines. C’est pourquoi il est important de veiller à la fois à la sécurité des données elles-mêmes en les protégeant et de veiller à l’intégrité générale du système d’information, notamment dans les environnements faisant appel au Cloud. Chaîne d’acquisition, de stockage, de transmission et d’exploitation de la donnée L’environnement professionnel dans lequel s’exerce les activités dans la filière CIEL est industriel, notamment pour le BTS et la mention complémentaire Cybersécurité. La donnée est produite avant tout lors de l’acquisition de grandeurs physiques, comme dans le domaine de l’IoT ou d’une usine connectée. Cette donnée est ensuite transmise et stockée dans une base de données, relationnelle ou non. Les données applicatives Les données générées doivent être stockées, généralement dans une base de données. L’architecture et la conception des bases de données doivent être traitées en insufflant l’idée de performance à celle-ci dès le début.  Données de l’application Le BTS CIEL a également une composante « développement » importante et les données de l’application (le code source) doivent respecter une logique minimale de DevOps pour être en adéquation avec les besoins des professionnels. Cette logique implique de distinguer les environnements de travail (développement et production), de maîtriser l’ensemble de la chaîne de développement en utilisant des outils de versionning, de tests, de documentation et des pipelines automatisés jusqu’à l’environnement de production. Les données en production : le cloud/Formation De plus en plus d’entreprises externalisent leurs services informatiques vers des environnements virtualisés. Ainsi l’utilisation de services de fournisseurs de services cloud (IBM, 3DS, OVH, AWS, ...) facilite la création et l’administration d’un environnement de production qui peut reposer sur des VM (Virtual Machine).   Orchestration de la donnée L’orchestration de la donnée reprend les concepts évoqués jusqu’à présent dans une logique d’automatisation de ceux-ci, lorsqu’il s’agit d’un processus constitué de plusieurs étapes et de systèmes différents. Cette orchestration de la chaîne de valorisation de la donnée peut comprendre par exemple le provisionnement de serveurs, la gestion des bases de données ou encore les applications. L’orchestration de la donnée est un sujet complexe, qui met en œuvre de nombreux outils, à la fois dans une logique de DevOps et de SysOps. Dans le cadre de ce BTS, il est recommandé de proposer un environnement réaliste tout en restant simple dans les outils mis en œuvre pour l’orchestration (outil de versionning, pipeline automatisé, VM en production dans un cloud).   Sauvegarde et restauration des données Le dernier point concernant la valorisation de la donnée est la sauvegarde et la restauration de celles-ci. Depuis toujours, mais encore plus dans une logique de cybersécurité, les données doivent être sauvegardées régulièrement, les sauvegardes sécurisées, et les processus de restauration validés. III. Le BAC Pro CIEL 3.1 Présentation Le niveau BAC PRO doit permettre de sensibiliser les apprenants aux menaces et dangers des attaques informatiques (virus informatiques, arnaques par courrier électronique et les logiciels malveillants,…).   A l’issue du BAC PRO, les apprenants seront en mesure  de : Reconnaître les signes de phishing, les courriels spam,... Éditer des mots de passes complexes Utiliser des VPN lors de certaines connexions. Sécuriser des réseaux de données et savoir Utiliser des méthodes de cryptage des données Suivre des cybers attaques ... Les activités pédagogiques du pôle  « VALORISATION DE LA DONNÉE »  permettent  de développer les compétences en lien avec la programmation, le codage et la résolution de problèmes, certains langages de programmation spécifiques de technologies émergentes, la sécurité informatique et une initiation à la conception de sites Web. L’enseignement développé dans le pôle « VALORISATION DE LA DONNÉE » prends comme support des infrastructures ou parties d’infrastructures fonctionnelles, permettant des activités d’analyses des installations, de mise en service et d’intervention dans le cadre d’une maintenance préventive et/ou corrective (simple).   Les différents espaces de travail permettent :  D’Intervenir sur une architecture Microsoft et/ou Linux de type client/serveur De Protéger une infrastructure de réseau sans fils de type Wi-Fi De tracer, analyser un trafic Ethernet sur un réseau D’effectuer des installations, des interconnexions et des mises en services de commutateurs administrables, de routeur, de pare feu et proxy D’effectuer des activités de maintenances 3.2 Mention compémentaire "cybersécurité" Cette mention complémentaire propose un approfondissement des blocs de compétences « Mise en œuvre de réseaux informatiques » et « Cybersécurité ». La mention complémentaire « Cybersécurité » construit principalement des compétences autour de la sécurisation des infrastructures, des données et des applications notamment dans des activités d’installation, d’exploitation et de maintien en condition opérationnelles, de maintenance. Il intervient sur des réseaux complexes. Il transmet l’information (escalade) selon la complexité de l’incident. Le titulaire de la mention participe aux opérations d’audit sous la responsabilité d’un supérieur en mettant en œuvre les outils et logiciels permettant d’évaluer les vulnérabilités. Il encadre une équipe d’intervenants pour les activités d’audit ou d’installation.  Il met en œuvre les corrections et les procédures de retour à un fonctionnement nominal. La compétence C05 « CODER » permet de développer dans des langages adaptés au domaine de la sécurité, des scripts d’automatisation de tâches répétitives, d’optimisation du fonctionnement de l’installation ou de maintenance des scripts existants à des fins d’adaptation. 3.3 Organisation des stages / PFMP Les Périodes de Formation en Milieu Professionnel (PFMP) font partie intégrante de la formation. Elles permettent de réaliser les mises en situation obligatoires en milieu professionnel, lieu où l’élève acquiert certaines compétences « métier » qui ne peuvent être obtenues qu'au contact de la réalité professionnelle. Elles offrent à l’élève : la mise en application et la consolidation des compétences acquises au lycée professionnel; le travail sur des situations réelles difficilement simulables au lycée ; l’acquisition de nouvelles compétences ; l’approfondissement de sa connaissance de l'environnement de l'entreprise et du monde professionnel.   Les PFMP sont des moments pédagogiques à part entière qui impliquent une continuité́ pédagogique entre le lycée professionnel et l’entreprise. En outre, elles participent à la certification des compétences des différentes unités certificatives de l’examen du BAC PRO et des MC de la filière CIEL. L’équipe disciplinaire porte une attention particulière à la rédaction des annexes pédagogiques rattachées à la convention de stage notamment celle relevant de la contractualisation « école-entreprise ». Elle précise à l’entreprise le diplôme préparé, l’objectif de la PFMP, les activités qu’il serait souhaitable de confier à l’élève au regard : du référentiel des activités professionnelles (RAP) planifiées sur le cycle de formation du contexte et contraintes professionnelles de l’entreprise des savoirs et savoir-faire déjà acquis et à acquérir. les équipes pédagogiques prendront soin d’accompagner les maîtres d’apprentissage et les tuteurs, notamment au regard des attendus du nouveau référentiel. IV. Le co-enseignement 4.1 Physique / Mathématiques La co-intervention est une modalité pédagogique de mise en œuvre des référentiels et des programmes dans laquelle deux enseignants interviennent ensemble dans un même lieu  et au même moment. Dans cette définition, la co-intervention suppose nécessairement un co-enseignement, c'est-à-dire un projet d’enseignement élaboré en commun et en amont de la co-intervention proprement dite : Il faut donc définir des objectifs et des contenus d’enseignement à partir des référentiels et des programmes, choix des moments ainsi que la forme de la co-intervention. Ces séances concourent naturellement à l’acquisition et l’évaluation des compétences professionnelles dans le cadre du CCF de BAC PRO CIEL. Quelques exemples de thématiques: caractériser et exploiter un signal électrique; Energie et puissance électrique; les champs magnétiques Optique: caractériser et exploiter un signal lumineux Algorithme et programmation