Réseau - Protocole RIP
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Difficulté : Confirmé Notions : Protocoles réseaux, routage, routage dynamique. |
I. Introduction
Le protocole RIP pour Routing Information Protocol est un protocole permettant aux routeurs d'échanger automatiquement leurs tables de routage. Il fait partie des protocoles IGP (Interior Gateway Protocol) qui sont utilisés à l'intérieur d'un même réseau ou organisation.
C'est un protocole de couche 3.
Cela facilite la gestion du parc, permettant notamment de mettre à jour automatiquement les tables de routages en cas d'ajout ou suppression d'un réseau, rendant celui-ci facilement scalable et simple à administrer.
II. Principes de base
2.1 Fonctionnement
Le principe du RIP est asses simple :
Chaque routeur génère une table de routage composée de ses réseaux connus directement accessibles via ses interface. Il y ajoute les routes connues ainsi que leur distances en nombre de saut.
Puis, régulièrement (par défaut 30 secondes), il envoie cette table à ses partenaires de réplication. Dans la première version du protocole, cela se fait par broadcast. Puis cela a été changé pour du multicast dans les versions suivantes du protocole ( 224.0.0.9 pour RIPv2 en IPV4, puis dans le RIPng pour IPV6 : FF02::9)
Chaque routeur, met ainsi ses tables à jour et peut les propager aux autres. Les doublons sont éliminés et les routes avec un minimum de saut sont conservées afin d'optimiser la performance.
Si une route n'a pas eu d'update dans un délai de 180 secondes, elle est marquée comme invalide. Passé 240 secondes, elle est supprimée.
Ces délais permettent ainsi d'ajouter une purge des routes inutiles en plus des ajouts, permettant de conserver des tables de routages précises.
2.2 Mécanismes internes
Le RIP utilise plusieurs mécanismes en interne pour éviter des boucles dans la topologie.
- Split Horizon : un routeur n'anonce pas une route sur l'interface par laquelle il l'a apprise.
- Route Poisoning : Une route devenue invalide est supprimée.
- Hold-down Timer : Empêche une acceptation trop rapide d'une route potentiellement incorrecte
Voici une liste plus détaillées des timers clés :
| Timer | Valeur | Rôle |
| Update | 30 s | Envoi périodique des tables |
| Invalid | 180 s | Route considérée invalide |
| Hold-down | 180 s | Stabilisation |
| Flush | 240 s | Suppression de la route |
2.2 Limitations
Le RIP repose essentiellement sur le hop count. Ce compteur de saut est limité à 15 sauts.
Cela le rends inefficace pour de larges topologies et limite donc son usage à des réseaux de petite tailles ou de tailles moyennes.
De plus en terme de priorité de traitement, les requêtes RIP sont les moins prioritaires.
| Protocoler | Distance administrative |
| RIP | 120 |
| OSPF | 110 |
| EIGRP | 90 |
| statique | 1 |
| connectée | 0 |
III. Versions de RIP
Il existe 3 versions du protocole RIP :
| Feature | RIPv1 (1988) | RIPv2 (1993) | RIPng (1997) for IPv6 |
| Méthode de mise à jour | Broadcast (255.255.255.255) | Multicast (224.0.0.9) | Multicast (FF02::9) |
| Adressage | Classful (pas d'info de sous réseau) | Classless (inclus le masque) | Classless (IPv6) |
| Authentification | Pas de support | plain text, MD5 | plain text, MD5 |
| Version IP supportées | IPv4 | IPv4 | IPv6 |
| Protocole / port | UDP 520 | UDP 520 | UDP 521 |
IV. Considérations de sécurité
Attention : Le protocole RIP est considéré aujourd'hui comme obsolète. Il est en effet remplacé par d'autres protocoles plus modernes et sécurisés.
Le principal risque du protocole RIP reste l'empoisonnement des routes par un tiers ou un équipement malveillant.
Il est donc primordial de respecter à minima les deux conditions suivante lors de la mise en place :
- Utiliser à minima la version 2 du protocole qui permet une authentification
- Utiliser une authentification MD5 et pas une authentification plainText.
Il est à noter que le RIP n'utilise pas directement MD5 pour hasher un mot de passe, mais comme fonction de hashage dans un mécanisme d'authentification HMAC-Like.
Aussi, il ne s'agit pas de hasher un mot de passe, mais le paquet RIP complet. Lors de l'échange, les routeurs disposant tous de la même clé, ils vont recalculer localement le hash de la trame reçue afin de certifier qu'elle est bien originaire d'un routeur connu.
V. Conclusion
Même si son usage est déprécié, Il reste intéressant à voir à des fins pédagogiques car il permet d'introduire les principes de routage dynamique avec un protocole simple dans son fonctionnement.
De plus, sur les équipements plus anciens, il s'agit souvent de la seule alternative disponible.
